L’Amesa-B d’ENVEA relève le défi et mesure avec précision ce nouveau paramètre, le CO2 biogénique

Usines de valorisation énergétique (UVE) | Incinération | AMESA-B

L’Agence britannique pour l’environnement (EA) impose aux exploitants britanniques d’usines de valorisation énergétique d’inclure dorénavant le taux de CO2 biogène dans leur rapports d’inventaire national des émissions des polluants.

Au travers de cette mesure, l’EA vise à améliorer la qualité des données sur les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur de la valorisation énergétique des déchets.

Guide de l’inventaire de la pollution de l’Agence de l’environnement

En janvier 2021, l’Agence de l’environnement a demandé à toutes les usines d’incinération de déchets solides municipaux (MSW) en activité de compléter leur systèmes de mesure des émissions avec la mesure du CO2 et du N2O ainsi que les débitmètres de fumée. Cette exigence a été formulée sur une base volontaire, en attendant que cela devienne une obligation à l’avenir. Pour certains opérateurs, cela signifiait d’ajouter ces gaz au tableau de déclaration de la norme EN14181 en utilisant des instruments de mesure de ces polluants et du débit de fumées certifiées MCERTs.

Aujourd’hui, en 2022, l’EA a ajouté un nouvel élément à l’inventaire de la pollution (IP) : toutes les usines de traitement des déchets solides doivent suivre et déclarer le taux de CO2 biogénique.

Outre le CO2 et le N2O, l’EA souhaite désormais instaurer une procédure standard de déclaration des émissions de CO2 biogène dans l’IP. Cette procédure standard permettra d’améliorer la qualité et la précision des données fournies.

Méthode employée

Depuis longtemps, on sait qu’une part de la valorisation énergétique des déchets peut être considérée comme renouvelable du fait de la présence de composés organiques dans les déchets incinérés. La question est cependant de savoir à combien se monte cette part de CO2 biogénique et donc quelle est l’empreinte carbone réelle de la chaleur ou de l’électricité produite par les incinérateurs.

Jusqu’alors estimée, cette part peut maintenant être mesurée grâce à un nouveau protocole analytique développé par ENVEA et son partenaire le cabinet Merlin. Il s’agit de discriminer l’origine du CO2 émis – biogène ou fossile – en s’appuyant sur méthode d’échantillonnage sur cartouche d’adsorbant combinée à la datation au carbone 14 et une chaîne analytique complète pour garantir la qualité et la fiabilité des données finales.

L’ensemble de cette chaîne analytique a été finalisé courant 2018, puis validé dans le cadre d’une grande campagne d’essais en situations réelles menée avec l’Ademe, la Fnade et le SN2E sur des unités d’incinération de déchets, de CSR ou des cimenteries. Elle a permis de montrer que la part de renouvelable dans les filières d’incinération dépassait les estimations en avoisinant les 60 %, voire les 70 % dans certains cas.

Comment ça marche

Le carbone biogénique est le carbone contenu dans la biomasse d’origine agricole ou forestière, émis lors de sa combustion ou dégradation, ainsi que celui contenu dans la matière organique du sol. Quelle que soit son origine, biogénique ou fossile, une molécule de CO2 agit de la même façon sur l’effet de serre. Cependant, au contraire des énergies fossiles, la biomasse peut se renouveler à l’échelle humaine, avec des cycles plus ou moins longs (cultures annuelles, forêts).

Les émissions de CO2 résultant de la combustion de la biomasse ou de produits dérivés de la biomasse (biocarburant, bois de construction, déchets issus de travaux de rénovation et de démolition, résidus agricoles, etc.) sont considérées comme biogéniques. es différents matériaux peuvent être identifiés par un marqueur des atomes de carbone, les matériaux fossiles étant composés de C12 et les matériaux biogènes de C14Les exercices de quantification des GES (gaz à effet de serre) considèrent de façon différente les émissions de CO2 d’origine fossile et celles d’origine biogénique.

Pour discriminer l’origine du CO2 émis – biogène ou fossile – on s’appuie donc sur le principe de la datation au carbone 14 en mettant en œuvre des approches connues, notamment le prélèvement sur cartouche filtrante (technologie Amesa comme pour les dioxines).

Pour la détermination de la fraction biogène, le système AMESA B extrait une partie des gaz de combustion dans des conditions de proportionnalité de volume et le CO2 est échantillonné dans une cartouche adsorbante remplie d’ascarite ou de chaux sodée. Après une période d’échantillonnage allant de quelques heures à un mois, la cartouche est envoyée à un laboratoire de datation du carbone pour appliquer la méthode du carbone 14 et déterminer la proportion des isotopes C14 et C12 dans le CO2. Avec le résultat de l’analyse, et l’information de la fraction C14, il est possible de calculer la fraction émise de CO2 biogénique et fossile ou la quantité d’énergie verte.

Le principe utilisé est une méthode standardisée et conforme aux normes EN ISO 13833 (émissions des sources fixes) et DIN EN 15440 (Combustibles solides de récupération – Méthode de détermination de la teneur en biomasse) retirée en 2021 et remplacée par la norme EN ISO 21644:2021.

AMESA-B

PRINCIPAUX AVANTAGES :

  • Les émissions de CO2 biogéniques (neutres en carbone) sont déductibles de l’inventaire des gaz à effet de serre d’une entreprise qui doit les déclarer en vertu de diverses réglementations (GIEC)
  • En différenciant le dioxyde de carbone biogénique et le dioxyde de carbone fossile, l’entreprise peut quantifier vos émissions de gaz à effet de serre réelles et son empreinte carbone
  • En déduisant la part biogénique de leurs émissions, les exploitants pourront revendre ou épargner des crédits du quota d’émission
  • La détermination des émissions de CO2 biogénique peut aider les autorités à démontrer leur politique“d’énergie verte” et offre des informations précises sur la performance du tri des déchets